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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 09:58

Nao-Shima 008b
Frédérique est repartie à Paris, laissant derrière elle un grand vide. Tout à Kyoto nous la rappelle. Dimanche nous avons donc programmé une excursion de deux jours sur la petite île de Nao-Shima sur la mer intérieure. Elle fait partie d'un groupe d'îles ( Setouchi Islands) et y séjourner se mérite. Mais merci aux Japan Railways et à leurs correspondances minutées, il ne nous a fallu que trois heures ( sans une seconde de retard)  depuis Kyoto par l'itinéraire suivant : Kyoto (9h36)-Shin-Osaka (9h50),  Shin-Osaka ( 9h59) -Okayama (10h45),  Okayama (10h53)-Chayamachi (11h09),  Chayamachi (11h21)-Uno (11h46).  A Uno, le ferry-boat de 12h15, arrivée à Nao-Shima à 12h35. 

Sur l'île, la partie nord est occupée par les raffineries de l'entreprise Mitsubishi et la partie sud est consacrée à l'Art. Entre les deux, les villages de pêcheurs de Miyanoura et Honmura. Comme dans tout le Japon rural, la population vieillit de façon alarmante. 

Depuis 1985, la famille Fukutake et sa fondation ( Benesse Foundation), y a oeuvré à la construction de 3 musées, de plusieurs structures d'accueil (des yourtes mongoles sur la plage, à l'hôtel 5 étoiles sur une colline), d'un parc de sculptures ou d'installations, et à la rénovation de maisons du village de Honmura mises à la disposition des artistes dans le cadre du "Art House Project". La philosophie de Soichiro Fukutake (dirigeant milliardaire d'une entreprise d'éditions scolaires, la Benesse Corporation) est que l'art peut et doit faire partie de la vie publique au même titre que l'économie ou la politique. Il pense que l'art peut et doit changer les gens et les choses, peut et doit revitaliser une village, une région. Il a commencé à le faire sur l'ile de Nao-Shima, et étend maintenant son projet aux autres îles de l'archipel Setouchi. A chaque étape, les îliens y sont associés de nombreuses façons et bénéficient des retombées positives du nombre croissant de visiteurs. Par exemple, 300 000 visiteurs étaient attendus pour la première édition de la Triennale en 2010, il en est venu plus du triple. 

La Benesse House est l'hôtel-musée voulu par Mr Fukutake et construit par Tadao Ando (c'est l'architecte de toutes les constructions muséales de l'île). Le souhait initial de mêler, art, nature et architecture est parfaitement exaucé. Les bâtiments sont étroitement intégrés dans l'environnement (Le Chichu Museum par exemple est à moitié enterré -Chichu voulant dire souterrain-). Le vocabulaire architectural de Tadao Ando se lit pleinement, béton brut (parfois verni ) impeccable, lignes épurées qui découpent le ciel, bois, sobriété, pas d'esbrouffe. Pour le moment ce n'est pas un endroit pour Jeff Koons ou  Takashi Murakami.Nao-Shima 10a

Tadao Ando a construit ses musées autour des oeuvres qui les abritent, à l'inverse de ce qui se fait d'habitude, dans un vrai dialogue avec les artistes. Le Chichu Museum (voulu comme un"espace sacré" pour le 21° siècle) n'abrite les oeuvres que de trois artistes: une pièce pour 5 tableaux de la série des Nénuphars de Claude Monet. Time/Timeless/No Time/ de Walter de Maria dans une autre pièce et Open Sky de James Turrel. Sa dernière construction est  le Lee Ufan Museum qui honore cet artiste/philosophe coréen. 

Dans la Benesse House, qui fut la première phase du projet, des tableaux originaux d'artistes contemporains de renom ornent toutes les chambres. Dans le reste du bâtiment, à l'intérieur comme à l'extérieur d'autres oeuvres ou installations d'artistes tels que : Hiroshi Sugimoto, Yukinori Yanagi, Jackson Pollock, César, Louise Nevelson, Jennifer Bartlett, Calder, Jean-Michel Basquiat, Cy Twombly, Jasper Johns,, David Hockney, Bruce Nauman.... Le soir et tard dans la nuit, après le départ des visiteurs, les clients de l'hôtel peuvent se promener à loisir dans le musée, il n'y a plus de gardien et le seul bruit est celui de leurs murmures. Durant la journée, on peut visiter les autres musées ou tout simplement se promener et voir les oeuvres de Yayoi Kusama, Shinro Ohtake, Kasuo Katase, Georges Ricky, Niki de Saint Phalle, Karel Appel, installées sur un promontoire, une butte, dans un parc, et jusque sur la plage. Nao-Shima 26

Au village de Honmura on trouve les "Art House Project" et à Miyanoura "la seule oeuvre d'art qui se visite nu" : le sento (bain public) de Shinro Ohtake où touristes et villageois se baignent ensemble l'après-midi. A Miyanoura il a aussi le fameux musée "007" consacré à James Bond ( mais je doute qu'il fasse partie des satellites de la Benesse Foundation).

Avec la création en 2010 de la triennale des Setouchi Islands, le projet s'étend encore et les île de Inujima et Teshima bénéficient  maintenant des investissements dans l'art de Soichiro Fukutake.  A Inujima, qui n'a plus d'habitants, un musée (architecte: Hiroshi Sambuichi, Artiste : Yukinori Yanagi) a été construit dans une ancienne raffinerie de cuivre . A Teshima, dont le nom était jusqu' alors associé à un scandale de déchets toxiques, l'architecte Ryu Nishizawa (agence Sanaa) a dessiné, sur un promontoire face à la mer, le musée destiné à accueillir l'oeuvre de Rei Naito. L'expérience est étonnante.Il faut se déchausser (comme dans beaucoup d'endroits au Japon) avant d'entrer dans le "musée". Rien n'est accroché aux murs, rien n'est posé sur le sol. On entre en se baissant dans une immense pièce voûtée de béton presque blanc où le jour pénètre par deux grandes ouvertures circulaires qui dessinent deux espaces de lumières à chaque bout de la pièce qui n'est ni carrée, ni rectangulaire, ni ronde. Les voix résonnent tellement que l'on parle à voix basse. C'est une cathédrale...

Teshima 009Au début, on ne voit rien et puis le gardien/médiateur nous indique le sol. En faisant attention, on commence à apercevoir des mini flaques d'eau, et maintenant, il faut faire attention à l'endroit où l'on marche, soit pour ne pas se mouiller les pieds, soit pour ne pas interférer avec le processus artistique. L'eau est produite par de tous petits geysers installés dans le sol. Parfois ils sont recouverts par une capsule blanche ou par une petite boule comme une balle de ping pong. Aléatoirement l'eau jaillit en petites quantités de tous ces "geysers". Elle forme des flaques qui bougent, dont une partie se détache pour former d'autres flaques. Le sol étant légèrement en pente sous les deux ouvertures, l'eau finit par y être entraînée sous différentes formes: comme des serpentins, ou des amibes ou des vers transparents. Au début, on ne voyait rien, et maintenant ça grouille de vie. Accroupis, assis par terre, les visiteurs passent de longues minutes à observer minutieusement le sol, à attendre la prochaine goutte d'eau, le prochain glissement silencieux. On peut rester une demi- heure, une heure, plus, on ne verra jamais deux fois la même chose. La seule question que je n'ai pas pu poser, parce que je ne parle pas japonais est : que se passe-t-il quand il pleut?
Teshima 15Nous reprenons nos vélos et après une longue descente vers la mer, nous voici à Karato où tout au bout du village, à la fin d'une petite route qui se termine en chemin de terre au bord d'une plage, dans un sobre bâtiment de bois noirci, comme une cabane, sont enfermées les "Archives du Coeur" de Christian Boltanski. Ici sont conservés les enregistrements des battements du coeur de milliers de personnes. On peut les écouter dans une salle d'écoute, ou les entendre aléatoirement dans un long couloir noir éclairé par une seule ampoule dont la lumière se fait au rythme des coeurs qui battent. On peut même enregistrer son propre coeur. C'était une journée radieuse, le soleil nous attendait au sortir de la salle obscure, la mer nous invitait à y tremper les pieds. 

Mr Fukutake et sa fondation ne comptent pas en rester là. D'autres projets sont déjà en cours d'étude ou de réalisation. La deuxième édition de la Setouchi Triennale (prévue en 2013)  a été annoncée et des appels à projets ont été lancés. Après plus de vingt ans d'efforts et d'investissements au service de l'art, la "méthode Nao-Shima" est passée d'une expérience pour initiés à un exemple reconnu mondialement. De fait, les  musées ou lieux d'art des fondations Pinault ou LVMH ne sont-ils pas déjà dépassés?P1030923

Le retour à Kyoto a été aussi facile qu'à l'aller, le ferry de 12h45 nous transportait à Uno pour 13h05, puis Uno (13h41)-Chayamachi (14h04),  Chayamachi (14h19)-Okayama (14h34), Okayama (14h58)-Shin-Osaka 15h44), Shin-Osaka (15h53--Kyoto (16h07)

 

 

Haiku

Le riz est délicieux-

et le ciel bleu

si bleu          (Taneda Santôka)

 

 

 

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 15:05

Itsukushima jingu à Miyajima 002D'emblée,  nous avons été attirées par les temples shinto. Annoncés par leur portique rouge orangé, le Tori, qui délimite l’espace sacré avec la corde tressée (shimenawa), nous les avons toujours rencontrés au cœur de la vie même. Ainsi le petit temple, déjà décrit, en plein milieu des galeries commerciales, le temple Kitano Tenmangu découvert dès le premier jour où se tenait un immense marché, le Yasaka Jingu (où les geishas viennent prier) , dans le quartier Gion à l’intérieur duquel la fête d’Hanami battait son plein avec baraques de foire et petits restaurants pendant tout un week-end, le Kasuga Wakamiya dit Temple des Lanternes (à Nara), le Heian Jingu avec son magnifique jardin et encore, vu dernièrement, dans l’île de Myajima le Itsukushima jingu, dont l’immense Tori semble flotter dans l’eau quand la marée est haute, que l’on vient voir entre amis, ou en famille pour s’amuser ou manger des huîtres grillées. 

Dans tous ces temples nous avons pu voir et  « comprendre » certains rituels pratiqués librement par des adeptes recueillis quelques minutes, même au milieu de la  foule. Ce sont ces rituels et les lieux, plus que les bâtiments, qui sont importants pour les japonais . D’ailleurs au rythme d’un trentaine d’année ces bâtiments de bois, d’une architecture très épurée, sont reconstruits car « ce qui est neuf est pur ». 

Ce que nous savons de la religion shintoïste est plus simple aussi à aborder. Religion animiste, elle vénère la nature sauvage, les rocs et les vents, la pureté de l’eau. Les dieux (les kami)  qui sont multitude, de toutes sortes, divinités régionales et autres., nous sont immédiatement sympathiques. (Que nous pardonnent les pieux shintoïstes de cette extrême simplification). Ces divinités ne sont pas personnifiées, ni représentées dans les sanctuaires.

Enfin, c’est la religion indigène du Japon. Elle fait partie intégrante de la vie japonaise. L’empereur est d’ailleurs gardien du shintoïsme.

 

Et cependant, le bouddhisme est intimement mêlé à la vie du japonais shintoïste. Il arrive au japon (6e siècle) venant de Corée. Il se développe, prenant souvent une importance politique. Pour éviter des guerres de religion, les bouddhistes et les shintoistes furent obligés de cohabiter, des sanctuaires shinto se construisant dans des enceintes bouddhistes et réciproquement. D'ailleurs les japonais prient indifféremment Bouddha et les Kamis.Bouddha 2:Miyajima 009

Au cours des temps, des dynasties, des apports venant  de l’Inde ou de la Chine (bouddhisme Zen par exemple), il se divise en sectes dont les voies différentes doivent amener au but commun : atteindre l’Eveil, l’Illumination.

Imposants, riches, multiples (1600 répertoriés à Kyoto selon certains guides), les temples bouddhistes sont de véritables musées. Toujours richement décorés, ils abritent de nombreuses statues de Bouddha  et de bosatsu , et aussi  des moines fondateurs.

Une petite digression sur les bosatsu, ce sont des saints ou des divinités  arrivés à l’état d’Eveil qui méritent le Nirvana, mais par compassion pour l’humanité, ils restent dans le monde pour apporter leur aide. Cela n’est-il pas sympathique ? Aussi la légende ou la réalité veut qu’ils répondent aux prières qu’on leur adresse. Ces personnages ont donc leur place dans les temples, souvent en bois sculpté, quelques fois dorés ou colorés, toujours d’une taille impressonnante.

De chaque coté de la porte (mon) d’un temple bouddhiste, placés à droite et à gauche de l’enceinte, nous avons vu des gardiens féroces, superbes statues en bois, heureusement enfermés dans des petits pavillons grillagés. Ils gardent l’Est et l’Ouest du temple.

Bouddha 1:Nara 001Aucune carte postale, aucune photo, ne peut rendre l’ampleur de ces temples – Parmi les  plus représentatifs celui de Nara, le Tôdai-ji. Après avoir déjà franchi une impressionnante porte dite de Nandaimon, on se trouve dans l’enceinte du temple. Le bâtiment principal, Daibutsuden  est  « la plus grande structure en bois du monde ».  Un  Bouddha de 15 mètres de haut, est bien à l’échelle de ce volume. Des statues de gardiens , des bosatsu gigantesques remplissent aussi cet espace. Ce bâtiment est d’ailleurs inscrit au patrimoine de l’Unesco.

Nous rejoignons aussi, toujours ce jour là à Nara, le Nigatsu-Do, en haut d’une colline qui offre une majestueuse terrasse où là nous pourrons voir quelques objets bouddhiques, un autel, une cuve remplie de sable où sont placés les bâtons d’encens.

Il pleut à torrents… repos, calme, nous sommes assises et pensons à Bouddha….Bouddha 1:Nara:Nigatsu-do 2

 

Nous visiterons aussi le Shôkoku-Ji, qui a été reconstruit plusieurs fois, mais sa salle de la Loi bouddhique est dite la plus ancienne du Japon. Son plafond orné d’un énorme dragon peint, est appelé « pleureur » car il répercute et fait résonner le son des prières. Nous en ferons l’expérience en bonnes touristes que nous sommes.  Son histoire est liée aux temples d’Or et d’Argent, car c’est le même shôgun Ashikaga Yosimitsu qui fut à l’origine de sa construction, cinq ans avant le temple d’Or.

 

Certes nous ne les visiterons pas tous, mais en nous promenant dans Kyoto, nous en verrons énormément, dans tous les quartiers, au milieu des habitations, toujours imposants, donnant envie de pénétrer à l’intérieur, pour y trouver calme et tranquillité.

 

 Des temples, encore des temples… nous n’en avions pas fini… P our un autre bonheur, la visite de plusieurs temples Zen et leurs jardins secs et de mousse.

La secte Zen (venant de Chine au 12e siècle) a cette particularité, contrairement au bouddhisme traditionnel, de prôner que l’illumination (satori) est possible dans le monde profane par la méditation et aussi par l’étude des paradoxes (kôan). La méditation assise (zazen) consiste à faire le vide en soi et les kôan consistent en un échange de questions/réponses entre un maître et son disciple.

Un matin, dans notre quartier de shishigatani, nous trouvons le Honen-Ji, un tout petit temple dans le jardin duquel nous nous promenons agréablement.

Un autre jour, après avoir longuement marché, nous découvrons au bout du chemin de la philosophie, mais hélas à la nuit tombante, le Nanzen-Ji, magnifique, que le peu de clarté rend mystérieux et encore plus imposant. Marine et Valérie y font de superbes photos nocturnes. Frédérique,  assise sur les marches du temple médite.

 

Boudha Zen 007Puis nous consacrons une journée aux temples du Daitoku-Ji. Il faut savoir que lorsque l’on parle d’un temple bouddhiste, ce sont plusieurs bâtiments que nous trouvons dans une même enceinte plus ou moins grande et que peut-être nous n’aurons pas assez de la journée pour les voir tous. Ce fut le cas. Le complexe du Daitoku-Ji comprenait plus d’une dizaine de temples. Nous en vîmes quatre dont les jardins nous ont comblées.

Une petite terrasse tourne autour de pièces de prières sans doute, de méditation certainement, ou d’endroits où peuvent se retrouver maîtres et disciples, surélevée par rapport au jardin. De toutes ces pièces on peut apercevoir les différents endroits du jardin.

Comment expliquer la beauté de ces jardins Zen, faite de simplicité organisée. Ce gros rocher à une certaine place, un plus petit ailleurs (une île), cet espace de sable blanc (la mer), ratissé en longueur entre les deux, ou en cercle autour d’un autre roc, en vagues aussi, ce cercle de différentes mousses autour d’un petit arbre spécialement taillé, qui est sensé représenté la montagne . Et puis une pierre entourée d’une corde posée sur une pierre plate. 0n parle d’harmonie. C’est effectivement comme un chant, à plusieurs registres. Il n’y a pas d’unité. C’est à chaque fois une œuvre d’art sans temporalité.


Haiku

Je voudrais voir

les jardins secs-

quand il pleut                ( Frédérique Micheline Saubot)


Et Bouddha ?

D’abord Bouddha a de longues oreilles, un sourire de sérénité, et tel que nous l’avons vu à Nara, et selon les explications, il tend sa main droite pour accueillir ceux  qui souffrent, et sa main gauche contient toutes les souffrances qu’il veut supprimer.

Nous avons aussi souvent vu des sculptures de Bouddha-enfant. Les plus variées et les plus amusantes dans les montagnes qui entourent l'île de Miyajima où quelques temples bouddhistes dominent le sanctuaire shinto.Bouddha 2:Petit Bouddha:Miyajima 20

Bouddha a énormément de représentations. Artistes, peintres, sculpteurs n’hésitent pas à le caricaturer. Il y avait, d'ailleurs une exposition très amusante au Shokoku-Ji de bouddhas sous toutes les coutures (et même un bouddha en Père-Noël). Apparemment Bouddha peut être traité d'une façon beaucoup moins formelle que Jésus ou Mahomet. 

 

Haiku

Le Bouddha m'accorde

un peu de temps-

je fais la lessive        (Ozaki Hôsai)


 

 

 

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 16:52

H04
Les restes emblématiques du bâtiment  officiel  ( annexe du ministère du commerce) qui se trouvait au coeur de la zone d'impact.

 

H06 La "cloche de la paix" que chacun peut faire sonner. Son bruit sombre de glas résonne quelques secondes  dans le parc.

 Le silence recueilli des visiteurs du mémorial.

 

 Le plus touchant : les dessins que quelques survivants ont réalisé longtemps après.

 

 A la sortie, les collégiens déjà loin de tout ça qui attendent leur car et de jeunes mères de famille qui promènent gaiement leurs enfants.H08a

 

Il était 8h15. 

 

 

 

 

Haiku

Vivants

tout simplement-

moi et le coquelicot        (Kobayashi Issa)

 

 

 

 

 

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 21:46

P1010215La pluie

Le Japon sans la pluie ce n’est pas le Japon. Ici, pas d’anticyclone des Açores, le temps est aussi changeant qu’en Bretagne. Cependant,  personne n’est pris au dépourvu ! Pour ceux qui n’ont pas consulté la Météo le matin (80% de probabilité de précipitation…), pas de problème  on en un achète rapidement  pour 200 Yens (2 euros), dans un « convenient store », tous pareils, transparents avec un manche blanc ou noir. Nous adoptons immédiatement cette pratique et n’hésitons pas à les oublier ou les perdre dès qu’il ne pleut plus.

L’art de vivre avec la pluie est poussé à l’extrême quand il s’agit d’entrer dans n’importe quel bâtiment. P1020840Dans certains on trouve des racks à parapluie (sorte de consigne) dont le but est de retrouver son parapluie au milieu de dizaines d’autres, tous pareils, plutôt que d’empêcher qu’il soit volé, chose  peu probable chez nos amis nippons.
Dans d’autres un emballage automatique du parapluie (sorte de housse en plastique à jeter en sortant)  est mis à disposition permettant de ne pas mouiller les lieux.

La pluie fait briller les toitures en tuiles bleues, crée des îlots de brume au milieu des paysages et est un acteur incontournable de la culture japonaise.

 

Les vélos

Certes il y a les autobus, nombreux, le métro, les voitures (nous n’avons vu aucune vieille voiture) mais on se déplace beaucoup à vélo, même à Tokyo.2005-05-29 023 Le vélo n’est pas juste un exercice du dimanche mais un réel moyen de locomotion pour tous. Il n'est pas rare de se faire doubler par des petits vieux en vélos électriques. Il y a des parkings à vélos et des endroits où les vélos n'ont pas le droit de se garer sous peine de se faire poser un sabot accompagné d'une contravention.

Pas de voie réservée sur la rue. On roule sur les trottoirs, en faisant extrêmement attention aux piétons, qui eux ne se préoccupent pas des vélos. Quand il pleut on roule en tenant le guidon d'une main et le parapluie de l'autre. L'exercice se complique si on rajoute un téléphone. D'ailleurs on est passible d'une amende si on téléphone en pédalant.

Pas étonnant que les japonais restent minces!

 

P1020856Le bain, les toilettes

Pendant longtemps, les japonais n'ont pas eu de salle de bains. Ils allaient se laver et se détendre aux bains publics

( sento). Il y en avait ( et il y en a encore) dans chaque village, dans chaque quartier.

La salle de bain japonaise, que nous pratiquons dans notre maison, garde le même rituel que le sento. La baignoire est très profonde et remplie d'une eau à plus de 40°. Pour garder l'eau chaude, on recouvre la baignoire d'une espèce de couverture en plastique. On se lave avant d'entrer dans la baignoire ( en général une douche est installée à côté), ce qui permet à toute la famille de se baigner et de se délasser à tour de rôle dans une eau toujours propre et chaude. Rien n'était plus appréciable, au début de notre séjour, que de se glisser dans l'eau brulante après une journée passée à déambuler dans le froid.

Au sento, le bain des femmes et celui des hommes sont séparés. Les jeunes enfants restent avec leur mère. On se baigne tout nu et tous les âges s'y pressent. Dans les régions de sources chaudes ( c'est à dire pratiquement dans tout le Japon), on peut se baigner dans des "onsen", alimentés directement par ces sources. Très souvent, le bain est en plein air (rotenburo),  parfois au milieu d'une rivière. On peut se baigner quand il neige, c'est encore meilleur. 2005-05-29 054

Quand aux toilettes, c'est le raffinement poussé à l'extrème ( merci Toto le fabricant ), avec leur siège chauffant et leurs fonctions diverses ( bruit d'eau qui coule pour éviter qu'on entende le bruit de la miction, chasse d'eau automatique, jet d'eau pour se rincer....) le côté de la cuvette est un vrai tableau de bord et comme tout est écrit en japonais, nous avons souvent des surprises en appuyant sur les commandes, comme celle d'avoir déclenché une alarme dans les toilettes d'un centre commercial.

 

UniformesP1020823

Où que l'on soit au Japon, on voit des gens en uniforme. A Tokyo, matin ou soir, dans le métro, dans la rue, on les croise, ces hommes, ces femmes, plutôt jeunes tous habillés pareils, costumes ou tailleurs noirs, chemises blanches, cravates foncées,  chaussures noires,  attaché case à la main, ce sont les "salarymen ( ou women). Il y a aussi les écoliers et leurs petites casquettes jaunes, vertes, bleues ou rouge,  les collégiens qui de la sixième à la terminale portent un sévère uniforme bleu marine, les ouvriers qui travaillent vêtus d'un ample pantalon blanc et de chaussures très spéciales ( jika-tabi) dont le pouce est séparé du reste de la chaussure, les employés de diverses compagnies ( déménagement, gaz, électricité, livraison, ....). En fait, les seuls à ne pas porter d'uniformes sont les étudiants qui, entre leur sortie du lycée et leur entrée dans le monde du travail, se "lâchent " et les retraités qui eux, restent discrets.

 

Vraie nourritureLa nourriture

Si les japonais ont eu une réputation de frugalité, sinon d'ascétisme, elle est bien démentie lorsque l'on voit la variété de nourriture offerte que ce soit dans la rue, les restaurants, les marchés, les épiceries et tous les endroits où l'on peut trouver à manger .Ils adorent la nourriture, Ils adorent la nouveauté et sont prêts à attendre longtemps à l'entrée d'un restaurant ou d'une boulangerie ( justement, les boulangeries se multiplient et le pain français est très en vogue). On peut manger un bol de oudons ou de ramens pour  200 yens ou un repas de viande de Kobé pour 10 000. Dans les Izakayas on commande au fur et à mesure des dizaines de petites portions de différentes choses à la façon des tapas espagnoles, edamame, tempuras, cartilages de poulets, radis marinés, patates douces au beurre sucré.... P1020763pas de dessert, mais on les trouve dans les pâtisseries, dont les vitrines ressemblent à celles de bijouteries de luxe. Dans les fêtes, les baraques rivalisent de propositions, ici le marchand de tofu frit ou bouilli, là les okonomiyaki, les poulpes grillés, les brochettes de poulet, les saucisses de francfort comme aux puces de clignancourt, les oeufs sur le plat, les poissons séchés dressés comme une oeuvre d'art abstraite, les pancakes fourrés à la pâte de haricot ou à la crème, les hamburgers, le maïs grillé, le curry, le râgout, les boulettes de riz, P1010328les potatornados....

Les gourmandes que nous sommes ne savent plus que humer, que goûter. Que choisir, où manger?Fausse nourriture

L'esprit pratique des japonais a résolu le problème. Dans les vitrines de presque tous les restaurants, on peut voir  la reproduction exacte, grandeur nature, autrefois en cire, aujourd'hui en plastique (shokuhin sample)  des plats proposés au menu. Nos papilles salivent rien qu'à les regarder tellement ils ont l'air vrais. Rien de plus commode dès lors que de choisir et de montrer ce que l'on veut manger. Pas de surprise, le plat nous sera servi exactement tel qu'on l'a vu en vitrine. Mais attention, un plat que l'on attend chaud peut-être froid. Le chausson aux pommes est fourré au curry et le petit pain au chocolat à la pâte de haricots rouges.

 

P1020520Les gares - le train

Les gares ne sont pas seulement des lieux de passage, ce sont aussi des lieux de vie. C'est autour des gares que se construisent les quartiers. C'est ainsi que Tokyo a plusieurs centres (Shinjuku, Shibuya, Ueno, Tokyo Station). Dans les gares, impeccables, on peut manger, dormir, se faire couper les cheveux, faire ses courses dans des grands magasins dont les entrées sont dans le hall de la gare, de même que celles des hôtels. On peut aussi prendre le train...

Pour les japonais le déplacement en train reste le plus courant et le plus pratique. Un vrai service public est mis à leur disposition, des correspondances faciles, des trains toutes les minutes aux heures de pointe, sans parler du Shinkansen (notre TGV). Il dessert toutes les grandes ville du Japon, dans tous les sens. Rien de plus facile que d'aller de Kyoto à Tokyo ( 2h30), de Kyoto à Hiroshima ( 2h30), de Kyoto à Fukuoka ( 2h45), de Kyoto à Fukushima ( euh, pas pour le moment...)

Voici l'expérience inoubliable du Shinkansen que nous fîmes en gare de Tokyo ( nous rentrons à Kyoto)P1040200

Arrivés  sur le quai à 18h10 nous nous rangeons sagement dans une file déjà organisée de quelques japonais devant le repère de la porte 8 (sur notre billet). Un train entre en gare à 18h13, c'est le nôtre qui repartira à 18h33.

Juste avant l'arrivée du train une escouade de 4 femmes de ménage, vêtues de rose, ustensiles en mains et masques sur le visage, s'est alignée devant notre repère, et ainsi pour chaque wagon. Après avoir salué les gens qui quittent le train, elles prennent possession de notre wagon et en 10 minutes eles retournent tous les sièges (car ils se retournent)

pour les mettre dans le sens de la marche et font un nettoyage impéccable. A 18h23, après un dernier salut à nous qui attendons elles quittent le quai et le chef de gare nous autorise à monter dans le train - il est 18h25. A l'heure exacte le train quitte la gare. Le contrôleur, l'hotesse d'accueil, la vendeuse de sandwichs, tous s'inclinent très bas dès qu'ils entrent ou sortent d'un wagon.

Les japonais n'y prêtent pas attention, mais nos yeux occidentaux n'en perdent pas une miette.

 

.... Petites choses....

P1040090
Se déchausser en entrant dans la maison, en visitant un temple ou un chateau, en allant manger au restaurant - S'incliner en toute circonstance même au téléphone -  Monter par l'arrière dans l'autobus et payer en descendant - Les petites musiques gaies et enfantines des camions poubelles et du ramasseur de carton - Les voix mélodieuses et féminines des annonces du métro, les musiques différentes à chaque station de la Yamanote Line à Tokyo - Les taxis conduits par des chauffeurs en costume cravate et en gants blancs, aux banquettes recouvertes de fausse dentelle d'un blanc éclatant et dont la porte arrière s'ouvre toute seule - Sept moines bouddhistes psalmodiant qui passent sous notre fenêtre un jour de pluie battante - Les petits cris d'admiration d'un chacun devant la moindre fleur de cerisier - Manger ses nouilles en faisant le plus de bruit possible - Porter un masque blanc pour ne pas transmettre ses microbes ou éviter poussières et pollen - Les câbles électriques et les transformateurs installés sans aucun souci d'esthétique. 

 

Haiku

L'âge de la lune?

je dirais treize ans

à peu près!                   (Kobayashi Issa)

 

 

 

 

 

 

 

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 11:41

Mercredi soir - Nous sommes encore à Tokyo. Mac est rentré à la maison. Nous sommes allés le chercher à l'hôpitalDSC06491 sous une pluie battante, ce qui nous a donné l'occasion de déambuler portés par une vague  blanche de parapluies transparents. Le pauvre Mac.. il est tout neuf mais amnésique et comble d'horreur il ne parle plus que japonais... Il faudra voir un spécialiste à Paris. Se souviendra-t-il un jour qu'il possédait toutes les photos prises depuis notre arrivée et aussi l'article sur Hanami que nous n'avons pas pour le moment le courage de reécrire?

Le séjour à Tokyo se termine.P1020603 Notre rythme a été aussi trépident que celui de la ville. La soirée de Jeudi se treminait au Karaoké, où au milieu de milliers de chansons japonaises, nous avons quand même réussi à trouver quelques standards français, anglais ou espagnol à chanter ensemble. Jean a révélé un talent de crooner avec "My way" mais Valérie n'a pas eu le temps d'interpréter "Je ne regrette rien", l'heure étant terminée.P1040098

 

Aurevoir Tokyo - Bonjour Kyoto

 

 

 

Haiku

A la lune du soir

le cri de la loutre

offre des poissons                (Yoshida Tôyô)

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 11:23

 

P1020582 Chers amis,

normalement vous devriez être en train de lire l'article sur Hanami, que nous venions d'écrire avec le plus grand soin. Arrivés en début d'après-midi à Tokyo,après avoir déambulé dans Aoyama et Omote-Sando, retrouvé Clémence et Marc-Antoine à Shibuya pour dîner et être rentrés tôt, nous venions donc de boucler notre article quand la catastrophe est arrivée: le Mac de Valérie a "planté".

Ici la terre, le disque dur ne répond plus. Horreur!!! Maheur!!! Perdu l'article et perdues les photos. Inutile de vous dire que Valérie a mal dormi. Au matin, sur les conseils de Frédérique (qui a connu Steve Job) plusieurs manips, dont la fameuse restauration de la RAM des paramètres ( cmd+alt+P+R) sont essayées sans résutat.Ultime espoir, l'hopitâl.

Direction l'Apple Store de Shibuya, l'ordinateur dans les bras. Déjà à la vue de la grosse pommme sur la façade, on se sent rassurées. Au troisième étage, l'infirmier en chef en tee-shirt bleu, s'enquiert de notre problème et nous fait patienter. Il y a plusieurs personnes avant nous, aussi inquiètes que nous, et l'attente dure une demie heure. Enfin un docteur qui parle anglais nous prend en charge.Il a un bon sourire, nous écoute calmement et se veut rassurant avant d'ausculter notre pauvre Mac et de poser le diagnostic: défaillance du disque dur. La greffe est impossible, il va peut-être falloir le changer. Récupération des données incertaine.De toutes manières il faut le laisser à l'hôpital pendant au moins deux jours. Les visites sont interdites. La mort dans l'âme nous regardons notre gentil docteur mettre Mac sous une couverture et l'emmener en salle d'opération. Nous espérons des nouvelles jeudi.En attendant nous écrivons cet article depuis l'ordinateur de Marine.

P1020663A Tokyo aussi les cerisiers sont en fleurs et le parc de Shinjuku nous les offre dans toute leur splendeur. Quelque chose de la calligraphie ou du dessin japonais à l'encre se comprend là en voyant les délicates fleurs roses ou blanches jaillir des troncs et des branches très noirs. P1020613

Quatre jours pour connaître cette ville-monde seront bien sûr insuffisants. Seulement des impressons:

Tokyo jardins ( Shinjuku-Gyoen, Parc Ueno, Yoyogi-Koen) - Tokyo quartiers ( Aoyama, Shibuya, Ikebukuro, Asakusa, Roppongi) - Tokyo métro (Yamanote line, Ginza line, Oedeo Line, Shiyoda Line) - Tokyo magasins ( Tokyu Hands, Isetan, Bic Caméra) - Tokyo musées ( Mori Museum, Nezu Museum) - Tokyo restaurants (Izaka-ya, Tonkatsu-ya, Sushi-ya)

 

P1020782Tokyo épuisement... 

 

 

 

 

 

 

Haiku

Un matin où le miel devient feu

devient sable

où tout se brouille          ( Hori Ashio)

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 06:23

Laissant à Jean et Valérie le jardin botanique où s'exposent des oeuvres contemporaines, Marine et moi nous nous faisons un programme superbe: Visite d'une maison particulière (Nijô Jin'ya), avec trappes, labyrintes, passages  secrets annoncés. Elle est fermée pour cause de réparation - déception

Nous voulons aussi retourner au Temple d'Or pour faire la "photo de rêve", dans le soleil couchant. Nous attendons trop l'autobus - trop tard.

Nous décidons alors de rejoindre le quartier GION, quartier des Geishas, toujours animé à partir de 17 heures.

Et là, c'est la fête au Temple shinto Yasaka-jinja,  la grande fête foraine, sans manèges, mais avec stands de toutes sortes et une foule très joyeuse, surtout jeune.

Parce que ....3 cerisiers ont laissé éclater leurs bourgeons et montrent leurs fleurs fragiles encore. On les photographie de toutes parts, on se fait photographier. C'est presque  hanami!4 avril 2012

 

Moi aussi j'ai vu des cerisiers en fleurs !!!!

 

Frédérique

 

 

Haiku

Sur le chemin de la philosophie 

mon cerisier n'a pas fleuri

hara-kiri         (Valérie Rouit)

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 03:41

Marché Nishiki 000Perpendiculaire à nos deux galeries décrites dans l'article précédent (Un temple dans un temple),  une rue, couverte elle aussi, un peu moins large et tout aussi longue: c'est le marché Nishiki, Un foisonnement de commerces alimentaires et comme perdus au milieu d'eux, ici, dans l'arrière boutique d'un confiseur  un marchand de magnifiques kimonos, là Aritsugu, le plus célèbre coutelier du monde, une ou deux drogueries, de rares magasins d'artisanat ( céramique, tissus, éventails, getas, laques..) sans oublier les restaurants proposant chacun une spécialité : sushi,tofu, cuisine de Kyoto, udons et autres ramen..C'est hallucinant . Tous nos sens sont sollicités à la fois.

L'ouie: d'un bout à l'autre de la galerie, l'impression d'un cri continu " I-r -a- s -s -h -a- i m- a -s-e......" C'est le " bienvenue" par lequel on est accueilli dans chaque boutique. 

Marché Nishiki 022La vue: couleurs et formes inconnues. C'est amusant de savoir que peu de produits correspondent à ce que nous croyons identifier.Par exemple des petits bonbons en forme de fleurs s'avèrent être un condiment pour la soupe, une tranche de jambon n'est qu'une tranche de radis teintée de rose et la corne de rhinocéros est une racine de bambou.

L'odorat: on passe de l'odeur du marron grillé à celui du poisson séché ou des légumes en saumure et de celle du tofu frit  à celle du café (enfin une odeur identifiable!).

Le goût: des textures, des consistances, des saveurs tellement différentes de celles que nous connaissons, que chaque passant est invité à déguster, et  que nous dégustons avec curiosité. Souvent  c'est une grande surprise!Marché Nishiki 021

Le toucher: délicat des kimonos que l'on déplie pour nous, prudent chez Aristugu des couteaux "deba", attentif des papiers washi.

Nous passons quatre heures dans le marché et le quittons en sachant qu'il nous faut revenir. Ne serait-ce que pour déjeuner à nouveau dans l'Izaka-ya où nous avons fait une pose. 

 

Haiku

Au fond de la jarre

sous la lune d'été

une pieuvre rêve       (Matsuo Bashô)

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 04:33

Les voies sur berges de KyotoHier il faisait beau. Seul jour de soleil prévu dans une semaine de pluie par une meteo hélas très fiable.

Temps idéal pour une grande ballade dans Kyoto. Nous rejoignons la Kamo-gawa ( c'est la principale rivière de Kyoto) par Imadegawa-dori. Les voies sur berges sont uniquement piétonnes et cyclables. Au métro Sanjo-Keian nous obliquons vers Gion. Les geischas dorment encore, les restaurants ouvrent. Et voici notre premier sakura (cerisier en fleur).
Il est admiré et photographié par tous les passants. Frédérique qui écume ses boutiques souvenirs du Chemin de la Philosophie va être jalouse. 

                ...Valérie

!!!

Haiku

Douceur du printemps

aux confins des choses

la couleur du ciel                       (Iida Dakotsu)

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 15:33

Un tout petit temple shinto au milieu du grand temple de la consommation. 

Samedi: vraie pluie japonaise, qui commence au milieu de la nuit et peut durer, durer...Les parapluies transparents sont de sortie. Chacun le sien.Tout est mouillé même à l'abri. C'est le bon moment pour aller passer la journée dans les galeries commerciales. Le 32 nous y emmène, arrêt  Kawaramachi-Sanjo.

P1010490.JPGDe la Sanjo-dori, les galeries parallèles, longues de 800 mètres chacune, Teramachi et Shin-kyogoku rejoignent la Shijo-dori dans une succession infinie de commerces les plus divers : boutiques de souvenirs,  "le tout à 100 yens", pachinkos, game centers, magasins de vêtements, de chaussettes, de lingerie, d'objets religieux , drogueries, et aussi de très bel artisanat tel que les éventails, les getas (grosses soques de geishas), les kimonos, les masques, les poupées, les tissus...

Les restaurants, les pâtisseries, les glaciers, les marchands de bonbons et de petits gateaux, les comptoirs de vente à emporter (pas de fast food américain excepté l'horrible KFC) s'intercalent au rythme d'une boutique sur deux.P1010538

Et puis, niché entre deux boutiques, repérable grâce à son portique (Tori) et gardé par ses deux chiens rituels ( Koma-inu) ,  un temple shinto. Sur cet espace réduit, toutes les caractéristiques du sanctuaire shinto se lisent en seul regard : la fontaine où se purifier les mains (Chôzuia), les tablettes votives en bois, les bandes de papier pliées en zigzag (Shide), les tonneaux de sake, offrandes aux dieux, une statue de boeuf (mais ce peut être un autre animal) que l'on caresse pieusement. Une caisse en bois (Saisen-bako), fermée par une grille reçoit les donations. Elle est placée devant l'oratoire et surmontée d'un grosse corde reliée à une cloche. Pendant notre visite, nous avons vu plusieurs personnes venir prier en commençant par lancer une pièce dans le Saisen-bako en s'inclinant, puis tirer sur la corde avec force jusqu'à ce qu'elle fasse sonner la cloche, taper deux fois dans leurs mains et s'incliner à nouveau.

P1010491.JPG
Haiku 

Au point du jour

en tourbillons de brume

la voix de la cloche            (Matsuo Bashô)

 

 

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