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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 15:05

Itsukushima jingu à Miyajima 002D'emblée,  nous avons été attirées par les temples shinto. Annoncés par leur portique rouge orangé, le Tori, qui délimite l’espace sacré avec la corde tressée (shimenawa), nous les avons toujours rencontrés au cœur de la vie même. Ainsi le petit temple, déjà décrit, en plein milieu des galeries commerciales, le temple Kitano Tenmangu découvert dès le premier jour où se tenait un immense marché, le Yasaka Jingu (où les geishas viennent prier) , dans le quartier Gion à l’intérieur duquel la fête d’Hanami battait son plein avec baraques de foire et petits restaurants pendant tout un week-end, le Kasuga Wakamiya dit Temple des Lanternes (à Nara), le Heian Jingu avec son magnifique jardin et encore, vu dernièrement, dans l’île de Myajima le Itsukushima jingu, dont l’immense Tori semble flotter dans l’eau quand la marée est haute, que l’on vient voir entre amis, ou en famille pour s’amuser ou manger des huîtres grillées. 

Dans tous ces temples nous avons pu voir et  « comprendre » certains rituels pratiqués librement par des adeptes recueillis quelques minutes, même au milieu de la  foule. Ce sont ces rituels et les lieux, plus que les bâtiments, qui sont importants pour les japonais . D’ailleurs au rythme d’un trentaine d’année ces bâtiments de bois, d’une architecture très épurée, sont reconstruits car « ce qui est neuf est pur ». 

Ce que nous savons de la religion shintoïste est plus simple aussi à aborder. Religion animiste, elle vénère la nature sauvage, les rocs et les vents, la pureté de l’eau. Les dieux (les kami)  qui sont multitude, de toutes sortes, divinités régionales et autres., nous sont immédiatement sympathiques. (Que nous pardonnent les pieux shintoïstes de cette extrême simplification). Ces divinités ne sont pas personnifiées, ni représentées dans les sanctuaires.

Enfin, c’est la religion indigène du Japon. Elle fait partie intégrante de la vie japonaise. L’empereur est d’ailleurs gardien du shintoïsme.

 

Et cependant, le bouddhisme est intimement mêlé à la vie du japonais shintoïste. Il arrive au japon (6e siècle) venant de Corée. Il se développe, prenant souvent une importance politique. Pour éviter des guerres de religion, les bouddhistes et les shintoistes furent obligés de cohabiter, des sanctuaires shinto se construisant dans des enceintes bouddhistes et réciproquement. D'ailleurs les japonais prient indifféremment Bouddha et les Kamis.Bouddha 2:Miyajima 009

Au cours des temps, des dynasties, des apports venant  de l’Inde ou de la Chine (bouddhisme Zen par exemple), il se divise en sectes dont les voies différentes doivent amener au but commun : atteindre l’Eveil, l’Illumination.

Imposants, riches, multiples (1600 répertoriés à Kyoto selon certains guides), les temples bouddhistes sont de véritables musées. Toujours richement décorés, ils abritent de nombreuses statues de Bouddha  et de bosatsu , et aussi  des moines fondateurs.

Une petite digression sur les bosatsu, ce sont des saints ou des divinités  arrivés à l’état d’Eveil qui méritent le Nirvana, mais par compassion pour l’humanité, ils restent dans le monde pour apporter leur aide. Cela n’est-il pas sympathique ? Aussi la légende ou la réalité veut qu’ils répondent aux prières qu’on leur adresse. Ces personnages ont donc leur place dans les temples, souvent en bois sculpté, quelques fois dorés ou colorés, toujours d’une taille impressonnante.

De chaque coté de la porte (mon) d’un temple bouddhiste, placés à droite et à gauche de l’enceinte, nous avons vu des gardiens féroces, superbes statues en bois, heureusement enfermés dans des petits pavillons grillagés. Ils gardent l’Est et l’Ouest du temple.

Bouddha 1:Nara 001Aucune carte postale, aucune photo, ne peut rendre l’ampleur de ces temples – Parmi les  plus représentatifs celui de Nara, le Tôdai-ji. Après avoir déjà franchi une impressionnante porte dite de Nandaimon, on se trouve dans l’enceinte du temple. Le bâtiment principal, Daibutsuden  est  « la plus grande structure en bois du monde ».  Un  Bouddha de 15 mètres de haut, est bien à l’échelle de ce volume. Des statues de gardiens , des bosatsu gigantesques remplissent aussi cet espace. Ce bâtiment est d’ailleurs inscrit au patrimoine de l’Unesco.

Nous rejoignons aussi, toujours ce jour là à Nara, le Nigatsu-Do, en haut d’une colline qui offre une majestueuse terrasse où là nous pourrons voir quelques objets bouddhiques, un autel, une cuve remplie de sable où sont placés les bâtons d’encens.

Il pleut à torrents… repos, calme, nous sommes assises et pensons à Bouddha….Bouddha 1:Nara:Nigatsu-do 2

 

Nous visiterons aussi le Shôkoku-Ji, qui a été reconstruit plusieurs fois, mais sa salle de la Loi bouddhique est dite la plus ancienne du Japon. Son plafond orné d’un énorme dragon peint, est appelé « pleureur » car il répercute et fait résonner le son des prières. Nous en ferons l’expérience en bonnes touristes que nous sommes.  Son histoire est liée aux temples d’Or et d’Argent, car c’est le même shôgun Ashikaga Yosimitsu qui fut à l’origine de sa construction, cinq ans avant le temple d’Or.

 

Certes nous ne les visiterons pas tous, mais en nous promenant dans Kyoto, nous en verrons énormément, dans tous les quartiers, au milieu des habitations, toujours imposants, donnant envie de pénétrer à l’intérieur, pour y trouver calme et tranquillité.

 

 Des temples, encore des temples… nous n’en avions pas fini… P our un autre bonheur, la visite de plusieurs temples Zen et leurs jardins secs et de mousse.

La secte Zen (venant de Chine au 12e siècle) a cette particularité, contrairement au bouddhisme traditionnel, de prôner que l’illumination (satori) est possible dans le monde profane par la méditation et aussi par l’étude des paradoxes (kôan). La méditation assise (zazen) consiste à faire le vide en soi et les kôan consistent en un échange de questions/réponses entre un maître et son disciple.

Un matin, dans notre quartier de shishigatani, nous trouvons le Honen-Ji, un tout petit temple dans le jardin duquel nous nous promenons agréablement.

Un autre jour, après avoir longuement marché, nous découvrons au bout du chemin de la philosophie, mais hélas à la nuit tombante, le Nanzen-Ji, magnifique, que le peu de clarté rend mystérieux et encore plus imposant. Marine et Valérie y font de superbes photos nocturnes. Frédérique,  assise sur les marches du temple médite.

 

Boudha Zen 007Puis nous consacrons une journée aux temples du Daitoku-Ji. Il faut savoir que lorsque l’on parle d’un temple bouddhiste, ce sont plusieurs bâtiments que nous trouvons dans une même enceinte plus ou moins grande et que peut-être nous n’aurons pas assez de la journée pour les voir tous. Ce fut le cas. Le complexe du Daitoku-Ji comprenait plus d’une dizaine de temples. Nous en vîmes quatre dont les jardins nous ont comblées.

Une petite terrasse tourne autour de pièces de prières sans doute, de méditation certainement, ou d’endroits où peuvent se retrouver maîtres et disciples, surélevée par rapport au jardin. De toutes ces pièces on peut apercevoir les différents endroits du jardin.

Comment expliquer la beauté de ces jardins Zen, faite de simplicité organisée. Ce gros rocher à une certaine place, un plus petit ailleurs (une île), cet espace de sable blanc (la mer), ratissé en longueur entre les deux, ou en cercle autour d’un autre roc, en vagues aussi, ce cercle de différentes mousses autour d’un petit arbre spécialement taillé, qui est sensé représenté la montagne . Et puis une pierre entourée d’une corde posée sur une pierre plate. 0n parle d’harmonie. C’est effectivement comme un chant, à plusieurs registres. Il n’y a pas d’unité. C’est à chaque fois une œuvre d’art sans temporalité.


Haiku

Je voudrais voir

les jardins secs-

quand il pleut                ( Frédérique Micheline Saubot)


Et Bouddha ?

D’abord Bouddha a de longues oreilles, un sourire de sérénité, et tel que nous l’avons vu à Nara, et selon les explications, il tend sa main droite pour accueillir ceux  qui souffrent, et sa main gauche contient toutes les souffrances qu’il veut supprimer.

Nous avons aussi souvent vu des sculptures de Bouddha-enfant. Les plus variées et les plus amusantes dans les montagnes qui entourent l'île de Miyajima où quelques temples bouddhistes dominent le sanctuaire shinto.Bouddha 2:Petit Bouddha:Miyajima 20

Bouddha a énormément de représentations. Artistes, peintres, sculpteurs n’hésitent pas à le caricaturer. Il y avait, d'ailleurs une exposition très amusante au Shokoku-Ji de bouddhas sous toutes les coutures (et même un bouddha en Père-Noël). Apparemment Bouddha peut être traité d'une façon beaucoup moins formelle que Jésus ou Mahomet. 

 

Haiku

Le Bouddha m'accorde

un peu de temps-

je fais la lessive        (Ozaki Hôsai)


 

 

 

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Published by chronique-des-jours-hanami
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Olivier SC 21/04/2012 21:35

Intéressant ! Ce billet donne-t-il dans mon Scoop.it ? Voyons = http://www.scoop.it/t/blog4burma/p/1643911468/bouddha

huguette Moinault 20/04/2012 18:07

Après le magnifique reportage photos ,voici celui de Frédérique ,passionnant et bien documenté ,j'ai passé mon après-midi a lire et a regarder l'ordinateur c'est passionnant de partager ce voyage
,a très bientôt
On t'embrasse .J&H

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