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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 21:46

P1010215La pluie

Le Japon sans la pluie ce n’est pas le Japon. Ici, pas d’anticyclone des Açores, le temps est aussi changeant qu’en Bretagne. Cependant,  personne n’est pris au dépourvu ! Pour ceux qui n’ont pas consulté la Météo le matin (80% de probabilité de précipitation…), pas de problème  on en un achète rapidement  pour 200 Yens (2 euros), dans un « convenient store », tous pareils, transparents avec un manche blanc ou noir. Nous adoptons immédiatement cette pratique et n’hésitons pas à les oublier ou les perdre dès qu’il ne pleut plus.

L’art de vivre avec la pluie est poussé à l’extrême quand il s’agit d’entrer dans n’importe quel bâtiment. P1020840Dans certains on trouve des racks à parapluie (sorte de consigne) dont le but est de retrouver son parapluie au milieu de dizaines d’autres, tous pareils, plutôt que d’empêcher qu’il soit volé, chose  peu probable chez nos amis nippons.
Dans d’autres un emballage automatique du parapluie (sorte de housse en plastique à jeter en sortant)  est mis à disposition permettant de ne pas mouiller les lieux.

La pluie fait briller les toitures en tuiles bleues, crée des îlots de brume au milieu des paysages et est un acteur incontournable de la culture japonaise.

 

Les vélos

Certes il y a les autobus, nombreux, le métro, les voitures (nous n’avons vu aucune vieille voiture) mais on se déplace beaucoup à vélo, même à Tokyo.2005-05-29 023 Le vélo n’est pas juste un exercice du dimanche mais un réel moyen de locomotion pour tous. Il n'est pas rare de se faire doubler par des petits vieux en vélos électriques. Il y a des parkings à vélos et des endroits où les vélos n'ont pas le droit de se garer sous peine de se faire poser un sabot accompagné d'une contravention.

Pas de voie réservée sur la rue. On roule sur les trottoirs, en faisant extrêmement attention aux piétons, qui eux ne se préoccupent pas des vélos. Quand il pleut on roule en tenant le guidon d'une main et le parapluie de l'autre. L'exercice se complique si on rajoute un téléphone. D'ailleurs on est passible d'une amende si on téléphone en pédalant.

Pas étonnant que les japonais restent minces!

 

P1020856Le bain, les toilettes

Pendant longtemps, les japonais n'ont pas eu de salle de bains. Ils allaient se laver et se détendre aux bains publics

( sento). Il y en avait ( et il y en a encore) dans chaque village, dans chaque quartier.

La salle de bain japonaise, que nous pratiquons dans notre maison, garde le même rituel que le sento. La baignoire est très profonde et remplie d'une eau à plus de 40°. Pour garder l'eau chaude, on recouvre la baignoire d'une espèce de couverture en plastique. On se lave avant d'entrer dans la baignoire ( en général une douche est installée à côté), ce qui permet à toute la famille de se baigner et de se délasser à tour de rôle dans une eau toujours propre et chaude. Rien n'était plus appréciable, au début de notre séjour, que de se glisser dans l'eau brulante après une journée passée à déambuler dans le froid.

Au sento, le bain des femmes et celui des hommes sont séparés. Les jeunes enfants restent avec leur mère. On se baigne tout nu et tous les âges s'y pressent. Dans les régions de sources chaudes ( c'est à dire pratiquement dans tout le Japon), on peut se baigner dans des "onsen", alimentés directement par ces sources. Très souvent, le bain est en plein air (rotenburo),  parfois au milieu d'une rivière. On peut se baigner quand il neige, c'est encore meilleur. 2005-05-29 054

Quand aux toilettes, c'est le raffinement poussé à l'extrème ( merci Toto le fabricant ), avec leur siège chauffant et leurs fonctions diverses ( bruit d'eau qui coule pour éviter qu'on entende le bruit de la miction, chasse d'eau automatique, jet d'eau pour se rincer....) le côté de la cuvette est un vrai tableau de bord et comme tout est écrit en japonais, nous avons souvent des surprises en appuyant sur les commandes, comme celle d'avoir déclenché une alarme dans les toilettes d'un centre commercial.

 

UniformesP1020823

Où que l'on soit au Japon, on voit des gens en uniforme. A Tokyo, matin ou soir, dans le métro, dans la rue, on les croise, ces hommes, ces femmes, plutôt jeunes tous habillés pareils, costumes ou tailleurs noirs, chemises blanches, cravates foncées,  chaussures noires,  attaché case à la main, ce sont les "salarymen ( ou women). Il y a aussi les écoliers et leurs petites casquettes jaunes, vertes, bleues ou rouge,  les collégiens qui de la sixième à la terminale portent un sévère uniforme bleu marine, les ouvriers qui travaillent vêtus d'un ample pantalon blanc et de chaussures très spéciales ( jika-tabi) dont le pouce est séparé du reste de la chaussure, les employés de diverses compagnies ( déménagement, gaz, électricité, livraison, ....). En fait, les seuls à ne pas porter d'uniformes sont les étudiants qui, entre leur sortie du lycée et leur entrée dans le monde du travail, se "lâchent " et les retraités qui eux, restent discrets.

 

Vraie nourritureLa nourriture

Si les japonais ont eu une réputation de frugalité, sinon d'ascétisme, elle est bien démentie lorsque l'on voit la variété de nourriture offerte que ce soit dans la rue, les restaurants, les marchés, les épiceries et tous les endroits où l'on peut trouver à manger .Ils adorent la nourriture, Ils adorent la nouveauté et sont prêts à attendre longtemps à l'entrée d'un restaurant ou d'une boulangerie ( justement, les boulangeries se multiplient et le pain français est très en vogue). On peut manger un bol de oudons ou de ramens pour  200 yens ou un repas de viande de Kobé pour 10 000. Dans les Izakayas on commande au fur et à mesure des dizaines de petites portions de différentes choses à la façon des tapas espagnoles, edamame, tempuras, cartilages de poulets, radis marinés, patates douces au beurre sucré.... P1020763pas de dessert, mais on les trouve dans les pâtisseries, dont les vitrines ressemblent à celles de bijouteries de luxe. Dans les fêtes, les baraques rivalisent de propositions, ici le marchand de tofu frit ou bouilli, là les okonomiyaki, les poulpes grillés, les brochettes de poulet, les saucisses de francfort comme aux puces de clignancourt, les oeufs sur le plat, les poissons séchés dressés comme une oeuvre d'art abstraite, les pancakes fourrés à la pâte de haricot ou à la crème, les hamburgers, le maïs grillé, le curry, le râgout, les boulettes de riz, P1010328les potatornados....

Les gourmandes que nous sommes ne savent plus que humer, que goûter. Que choisir, où manger?Fausse nourriture

L'esprit pratique des japonais a résolu le problème. Dans les vitrines de presque tous les restaurants, on peut voir  la reproduction exacte, grandeur nature, autrefois en cire, aujourd'hui en plastique (shokuhin sample)  des plats proposés au menu. Nos papilles salivent rien qu'à les regarder tellement ils ont l'air vrais. Rien de plus commode dès lors que de choisir et de montrer ce que l'on veut manger. Pas de surprise, le plat nous sera servi exactement tel qu'on l'a vu en vitrine. Mais attention, un plat que l'on attend chaud peut-être froid. Le chausson aux pommes est fourré au curry et le petit pain au chocolat à la pâte de haricots rouges.

 

P1020520Les gares - le train

Les gares ne sont pas seulement des lieux de passage, ce sont aussi des lieux de vie. C'est autour des gares que se construisent les quartiers. C'est ainsi que Tokyo a plusieurs centres (Shinjuku, Shibuya, Ueno, Tokyo Station). Dans les gares, impeccables, on peut manger, dormir, se faire couper les cheveux, faire ses courses dans des grands magasins dont les entrées sont dans le hall de la gare, de même que celles des hôtels. On peut aussi prendre le train...

Pour les japonais le déplacement en train reste le plus courant et le plus pratique. Un vrai service public est mis à leur disposition, des correspondances faciles, des trains toutes les minutes aux heures de pointe, sans parler du Shinkansen (notre TGV). Il dessert toutes les grandes ville du Japon, dans tous les sens. Rien de plus facile que d'aller de Kyoto à Tokyo ( 2h30), de Kyoto à Hiroshima ( 2h30), de Kyoto à Fukuoka ( 2h45), de Kyoto à Fukushima ( euh, pas pour le moment...)

Voici l'expérience inoubliable du Shinkansen que nous fîmes en gare de Tokyo ( nous rentrons à Kyoto)P1040200

Arrivés  sur le quai à 18h10 nous nous rangeons sagement dans une file déjà organisée de quelques japonais devant le repère de la porte 8 (sur notre billet). Un train entre en gare à 18h13, c'est le nôtre qui repartira à 18h33.

Juste avant l'arrivée du train une escouade de 4 femmes de ménage, vêtues de rose, ustensiles en mains et masques sur le visage, s'est alignée devant notre repère, et ainsi pour chaque wagon. Après avoir salué les gens qui quittent le train, elles prennent possession de notre wagon et en 10 minutes eles retournent tous les sièges (car ils se retournent)

pour les mettre dans le sens de la marche et font un nettoyage impéccable. A 18h23, après un dernier salut à nous qui attendons elles quittent le quai et le chef de gare nous autorise à monter dans le train - il est 18h25. A l'heure exacte le train quitte la gare. Le contrôleur, l'hotesse d'accueil, la vendeuse de sandwichs, tous s'inclinent très bas dès qu'ils entrent ou sortent d'un wagon.

Les japonais n'y prêtent pas attention, mais nos yeux occidentaux n'en perdent pas une miette.

 

.... Petites choses....

P1040090
Se déchausser en entrant dans la maison, en visitant un temple ou un chateau, en allant manger au restaurant - S'incliner en toute circonstance même au téléphone -  Monter par l'arrière dans l'autobus et payer en descendant - Les petites musiques gaies et enfantines des camions poubelles et du ramasseur de carton - Les voix mélodieuses et féminines des annonces du métro, les musiques différentes à chaque station de la Yamanote Line à Tokyo - Les taxis conduits par des chauffeurs en costume cravate et en gants blancs, aux banquettes recouvertes de fausse dentelle d'un blanc éclatant et dont la porte arrière s'ouvre toute seule - Sept moines bouddhistes psalmodiant qui passent sous notre fenêtre un jour de pluie battante - Les petits cris d'admiration d'un chacun devant la moindre fleur de cerisier - Manger ses nouilles en faisant le plus de bruit possible - Porter un masque blanc pour ne pas transmettre ses microbes ou éviter poussières et pollen - Les câbles électriques et les transformateurs installés sans aucun souci d'esthétique. 

 

Haiku

L'âge de la lune?

je dirais treize ans

à peu près!                   (Kobayashi Issa)

 

 

 

 

 

 

 

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Published by chronique-des-jours-hanami
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commentaires

moinault 17/04/2012 17:36

Je vois que Martine écrit le Japonais couramment . Un don (qu'elle avait bien caché )

moinault 17/04/2012 17:24

Un grand MERCI pour ce magnifique reportage ,quel talent .A PARIS il pleut aussi et il fait froid .Les fleurs de prunus sont par terre .Jeudi nous allons avec Martine au Musée de la MLARINE voire
une exposition sur les phares et après (devines?).Bises a tous et félicitations pour le magnifique reportage J&H

martine deslandes 17/04/2012 11:21

Vraiment une subarashii description de la vie au Japon, et fort bien illustrée. Tout cela nous met l'mizu à la kuchi. J'attends avec impatience le retour de Frédérique, pour la seance photo
commentée de vive koe. Et en shiru mada et mada plus.
Salut à tous ceux qui me reconnaitront !
ARIGATOU

pierre hurteaux 16/04/2012 22:15

Je peux dire que j'ai vu un sakura ici, à Roscoff, aujourd'hui ! Il est si somptueux et tourmenté que je l'aurais photographié si j'avais pu l'insérer dans ce message. Bien sûr, en guise de
cerises, il m'offrira des... prunelles. C'est mieux que rien (à mon avis), et en plus il a eu le mérite de me faire penser à vous.
Quant à la robotique des toilettes, j'ai trouvé infiniment plus simple au Tadjikistan (je suis curieux de vos découvertes, mais, non, je ne suis pas jaloux).

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